L'association Zoo-galerie, nouvellement créée à Nantes et regroupant artistes et amateurs d'art contemporain, présente actuellement, [au 1, rue de Santeuil], dans les anciens locaux d'Arlogos, un ensemble de travaux de Ricardo Mosner.
Le lieu, amputé d'une pièce, retrouve ici les dimensions d'un espace intime, d'où le choix de la part des responsables d'accrocher des petits formats, « formule permettant à l'association naissante d'obtenir et de faire acheminer plus aisément des œuvres d'artistes étrangers, l'objectif étant de comparer et confronter des travaux suivant des dénominateurs communs d'ordre technique (tels que photo, polaroïd, photomaton, gravure, dessin, lithographie, etc.) ou thématique ».
Première manifestation donc avec les peintures et dessins de Mosner, un artiste - confirmé - qui fit l'objet d'une exposition il y a quelques années à l'Espace Graslin et dont les œuvres ont aujourd'hui parcouru le monde (il a participé notamment en 1984 à la biennale de Paris).
Artiste hybride (peintre, il est aussi un illustrateur de talent, aborde la BD, l'affiche, les pochettes de disques dont celle du double album de Passion fodder Fat Tuesday...), ce choix donne le ton Tonique, généreux, l'artiste a produit tout spécialement pour cette première une série de petits tableaux où il met en scène très librement les thèmes que lui inspire l'univers zoographique.
Les personnages en proie aux fièvres naissent, d'une coulée de peinture ou dansent insolemment sur fonds mats. Contrepoints du travail pictural : les dessins mais aussi les collages (certains particulièrement réussis). Malgré un accrochage approximatif, ça passe et ça claque comme un fouet, au milieu du cirque. « L'animal est l'avenir de l'homme », a-t-on écrit, il nous le sera confirmé au prochain rendez-vous sans doute1.
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dans Ouest-France, 1988. ↩