Après être passée par plusieurs périodes, mes recherches m'ont amenée à peindre l'espace avec des matériaux simples et légers jouant avec les éléments. Par exemple, le papier de soie celui que j'utilisais avant, lorsque je peignais. Tous ces petits bouts de papier blanc comme des toiles, des pages blanches, comme un individu à sa naissance où rien n'est encore "marqué" ou presque rien, et leur son délicat de papier froissé lorsqu'ils sont animés par le souffle léger des courants d'air.
Travaux in-situ, éphémères pour la plupart. Je travaille dans un premier temps à me familiariser avec le lieu, sa situation, son histoire ensuite à travers mon imaginaire je réinvente une histoire. Le lieu doit faire partie de la pièce et la pièce du lieu comme s'ils n'avaient jamais existé l'un sans l'autre. Chacune des réalisations représente beaucoup de temps et de patience. Le titre est souvent le titre d'un roman que j'ai adoré, parfois non.
L'obscurité est le lieu de prédilection pour la pensée parce que tout objet matériel disparaît et le silence s'installe. La lumière est le lieu des réalisations parce qu'elle donne à voir.
Cet espace différent à chaque fois est occupé par des papiers ou plumes blancs monochromes parce que le blanc réfléchie la lumière sans l'absorber et du fil de nylon agissant comme le lien entre le terrestre et le céleste. Ainsi cette blancheur/lumière envahit l'espace.
Chaque pièce est un monde, une atmosphère, elle représente une idée d'unité absolue au-delà de la fragmentation dans une parfaite sérénité.
Je provoque des rapports de lumière. Chaque nuance est un individu différent par sa réflexion de la lumière, chacune jouant sa propre "présence", comme un être vivant qui naît, qui meurt après avoir vécu une sorte de tragédie dans la lumière.
Nadine Lere



