Les recherches photographiques de Laurent Moriceau témoignent d'un mouvement vers la simplicité. Capture fragile de la lumière, l'image explore une matière primordiale, une matière d'avant le tohu-bohu des objets. Image d'un calme et d'une douceur extraordinaires, qui appellent la promiscuité du regard, son intimité, dans un besoin tendu à l'extrême de voir l'élémentaire. Image prospective, qui révèle un univers d'introversion, porteur d'obscurité fantasmatique. Le corps photographique, confident, se laisse aller : désirs organiques, accouplements fantasques, interpénétration de matières qui tient autant de la perversion que de l'ingénuité. Image qui contient les traces ténues de l'enfance, rêve d'une naïveté éclairante.
Laurent Moriceau
15 avril — 7 mai 1994
Zoo centre d’art contemporain



