Bertrand Kelle joue des techniques mixtes comme il liste librement et ludiquement les langages. L'ordinaire référence culturelle - l'unique point de vue de la légère délectation silencieuse - vole en éclats... Signes éclats d'un art pluriel, durement urbain (il oublie les jolies vaches des champs des jolies campagnes emplies d'écologie jolie) où l'objet abandonné (?), l'image, l'écriture, la photographie, l'incongruité, le hasard, la couleur, le geste et le silence s'unissent et se dispersent.
L'art de Bertrand Kelle tient la route et la rue... On voit claquantes matières d'affiches, sources très pop-hard, art pop, dérision, violence créatrice où s'engloutissent les clichés de la modernité satisfaite, jeux de la mort émiettée des slogans, et des trop belles images. Bertrand Kelle, l'ambigu sacralise l'usure quasi carcérale du quotidien, et désacralise les joliesses visuelles trop installées. Il crée d'étranges panneaux d'étranges signalisations... Il interdit et signale l'horreur refoulée des bonnes consciences des déferlantes anglo-saxonnes (80% des mots et des images de la planète viennent d'un seul pays). Car sous la bonne conscience couvent de sinistres évidences. Déraciné, Bertrand Kelle désillusionne. Il décape. Donne bouffées d'air et d'art. L'artiste est toujours celui qui permet de mieux voir. Dans les rues et les courants d'art.