Dans Cette nuit je dors, évolue un corps qui s'amalgame aux environnements qu'il traverse, tantôt végétaux, urbains ou industriels. Dans ce texte, la langue assujettit le corps et ses environnements à une sorte de je universel ; corps et environnements, sujets et objets décrits, y paraissent indiscernables les uns des autres, et sont soumis aux mêmes variations physiques, chimiques et émotionnelles. Ce je, curseur du langage à la première personne du singulier, ne cesse d'arpenter et de sonder, les corps et les territoires, la matière et les idées, les souvenirs et les fantasmes, comme s'il s'agissait d'un seul matériau composite et stratifié, dont il venait prélever des échantillons pour les déposer dans le texte. Un je comme un stylet, placé au bout d'un capteur éprouvant directement la matière, la densité et le volume des choses, des idées.
La pratique de Marcel Devillers conjugue le champ des arts visuels (sculpture, peinture, collage) et ceux de la poésie et de la performance.
Son travail est régulièrement présenté à l'occasion d'expositions collectives et monographiques dans des galeries, centres d'art et artist run-space (Le Crédac, galerie Valeria Cetraro, Les Bains-Douches d'Alençon, Frac Normandie Caen..), il donne aussi des lectures de ses textes et des performances durant lesquelles il lui arrive d'activer ses sculptures (galerie Air de Paris, Palais de Tokyo, Fondation Ricard...).
Ses recueils poétiques La note salée du désir et Cette nuit je dors ont été édités en 2017 et 2019 par Les Bains-Douches d'Alençon et Zéro2 éditions. En 2023 paraîtra « Je suis Jessica, dis-je » aux éditions Three Dice.
Il réalise également des œuvres audio et sonores ; en 2022 il a notamment participé à la réactivation de l'œuvre de John Giorno Dial-A-Poem (diffusion de poèmes au téléphone) et en 2023, il a réalisé Le corps imaginal, un podcast en collaboration avec le musicien Nils Gemini diffusé par la plateforme « Fréquence Frac » du Frac Corse.